Sommes-nous sous-développés?

Il y’a quelques jours j’ai posé la question suivante sur Twitter

Quelle est la définition du sous-développement?

Les réponses de @afrosapiens et @jeanfrancis ont été à la hauteur de mes attentes. Sans hésiter ils ont répondu: l’Afrique. Vous êtes surement dans le même état d’esprit, l’Afrique vous évoque surement la misère sociale, économique en gros le sous-développement.

C’est quoi le sous-développement?

C’est le successeur de Roosevelt à la présidence américaine qui a le premier prononcer ces mots en pleine guerre froide. Grace à Harry Truman un certain nombre de pays est devenu sous-développés parce qu’ils n’avaient pas atteint le niveau économique et technique des pays occidentaux. Voici ce qu’a dit Truman

Il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous-développées

Voila c’est dit. Et @Afrosapiens lors de ce débat sur Twitter a soulevé la question de la colonisation, selon lui nous sommes sous-développés parce que nous attendons tous de l’occident à travers l’aide, les machines, etc… D’une part il a raison car selon les critères retenus par Truman et les autres (PIB, Taux de croissance, etc…) les économies ne sont plus jugées que sur leur performance. On a fait ainsi passer à la trappe la culture, les traditions et la mémoires des peuples qui n’ont rien demandé. Quid de l’héritage de l’Egypte des Pharaons, de Soundiata Keita?

L’Angleterre est elle sous développée?

Question provocante n’est ce pas? Pour ceux qui ne le savent pas nombreux sont les anglais qui viennent se faire soigner en France. Faute de soin de qualité dans leur pays, cette situation n’est pas différente des certains pays africains. Alors est ce que Londres ressemble à Lagos? Bien sur que non car l’on dira que c’est le système de santé anglais qui est défaillant mais l’Angleterre n’est pour autant pas sous-développée. Deux poids deux mesures. Dans ce cas c’est quoi le développement?

Le développement  est à l’origine biologique ainsi l’enfant dépend de ses parents jusqu’à sa majorité et même plus mais quid des Etats? Les Etats africains pour la plupart dépendent de l’aide au développement donnée par les pays occidentaux dans leur très grande générosité ce qui les rend dépendants comme les enfants. Nous sommes donc condamnés à être sous développés car nous ne pouvons pas atteindre le niveau des nations occidentales handicapés que nous sommes par les facteurs externes comme la colonisation, le poids des traditions ou les aléas climatiques. Même l’Indice de développement Humain nous est défavorable…

Alors que faire?

La notion de développement fait partie selon moi de la guerre des idées et de l’information que nous devons livrer en Afrique, nous sommes comme dit le Président Chirac les premiers, nous avons une culture des manières de faire que nous ne pouvons pas laisser tomber sous prétexte qu’il existe une voie unique dans l’histoire que tous peuples doivent emprunter. C’est ca le développement en fait la voie unique proposée par ceux qui pensent être en avance. Livrons la bataille des idées et de l’information pour combattre cette idée selon laquelle nous sommes en retard. Mettons en avant nos atouts, notre manière de voir les choses et de concevoir le monde. Pour cela il faut:

  1. Réfléchir, réfléchir et encore réfléchir pour trouver les solutions à nos problèmes. Il ne s’agit pas de copier des solutions venues d’ailleurs, dictées par les ONG ou les institutions internationales. Nous devons être fiers de notre histoire, étudier nos grands hommes et guerriers pour nous en inspirer et s’en sortir. Nous devons trouver des solutions innovantes. Les économistes connaissent l’école de Boston, de Londres et même de Paris où est l’école de Douala, Dakar ou Luanda? Créons de nouveaux outils les notres.
  2. Investir dans l’éducation notamment dans les domaines de l’Agriculture, de la technique, de la finance et du Commerce. Toutes les nations dites développées maitrisent ces domaines. Pourquoi ne pas prendre l’exemple sur le Rwanda qui investit en masse dans les NTIC, qui envoient 100 étudiants en Inde apprendre le développement Logiciel? Pourquoi ne pas créer des monnaies sous-régionales avant une éventuelle monnaie africaine? Le monde se construit autour de grands ensembles forts, l’Afrique en est encore à régler les transitions démocratiques.
  3. Ouvrir les données, promouvoir la transparence pour faciliter l’éducation des peuples. Combien de projets sont réalisés au Cameroun chaque année? comment est utiliser l’argent public? Mettons l’information à la disposition du public pour éviter la désinformation et les préjugés.

Ceci n’est que le début de la réflexion et une initiative que je vous présenterai prochainement est entrain de voir le jour. Toutes les bonnes volontés seront les bienvenues.

26 Responses to Sommes-nous sous-développés?

  1. oniN says:

    Subversif !
    Un seul mot…

  2. oniN says:

    Avant la guerre des idées, la guerre des réseaux de diffusion de l’information.
    Une bonne info qu’on ne peut véhiculer n’est pas très utile.

    Aujourd’hui, un rural suit mieux RFI ou la BBC que ce qui se passe dans son pays.

    Pour le Rwanda, ce n’est pas une gérontocratie. Quand tu t’entoures de dirigeants jeunes, ils voient le monde actuel et se projette dans le futur. Quand tu as des vieillards, que voient-ils? Je me le demande toujours

  3. Etum says:

    @oniN,
    Subversif qui moi? jamais,
    Je ne pense pas que ce soit une question de jeunesse, regarde ce que fait aussi l’egypte dans le domaine des NTIC malgré la censure. Accord cadre pour la formation avec le Géant de la recherche Google, centre de recherche avec MS, l’université américaine. Et pourtant il y’a Hosni

  4. Jikeb says:

    @Etum
    Nous sommes sur la même longueur d’onde, j’attends la présentation de l’initiative dont tu parles à la fin.

  5. philcoub says:

    @Etum : “nous sommes comme dit le Président Chirac les premiers, nous avons une culture des manières de faire que nous ne pouvons pas laisser tomber sous prétexte qu’il existe une voie unique dans l’histoire que tous peuples doivent emprunter. C’est ca le développement en fait la voie unique proposée par ceux qui pensent être en avance. Livrons la bataille des idées et de l’information pour combattre cette idée selon laquelle nous sommes en retard”.

    C’est beau ce discours Etum mais je pense que ça ne suffit pas. Le niveau de développement n’est pas une question de performance économique mais de niveau de vie. Le Gabon a le même PIB que le Portugal, mais est-ce que ces deux pays ont le même niveau de vie?
    La Chine est la 2ème économie mondiale, mais des millions de Chinois sont aussi pauvres que des Africains.

    Les indices du sous-développement ne sont pas à chercher très loin :

    – taux d’alphabétisation
    – l’espérance de vie
    – la régularité des épidémies et pandémies.
    – l’exposition aux sécheresses, famines et autres pénuries alimentaires
    – le pouvoir d’achat des populations etc.

    Emprunter le chemin du développement n’exclut pas de valoriser sa propre culture et/ou Histoire. Certains l’ont fait ailleurs. Exemple : Corée, Japon, Singapour etc.

    Le discours de fierté ne doit pas cacher certaines réalités cruelles. le jour où on résoudra certains problèmes par nous, on pourra peut-être se vanter d’avoir trouvé une autre voie de développement.

    C’est mon avis sur la question. J’attends aussi l’initiative.
    Que devient l’idée du livre?

  6. Etum says:

    @Jikeb,
    Tout ce que je peux dire pour l’isnatnt c’est que ce sera beaucoup d’échanges et de reflexion et que ca aura lieu l’année prochaine. Je travaille encore sur le sujet les bonnes volontés sont les bienvenues.

  7. oniN says:

    @Etum
    Dis nous en un peu plus sur l’inititative, sinon, comment se porter volontaire sur quelque chose qu’on ne connait pas?

  8. Jikeb says:

    @Etum
    Je plussoie oniN

  9. La lionne says:

    C’est un très bon texte, Etum ! C’est vrai, la notion de developpement implique, selon ceux qui utilisent ce mot, un developpement de PIB et d’autres termes économiques. Bref, c’est une question de money. Gagner beaucoup de money veut dire être “developpé”. Or, d’autres critères ne comptent pas. La culture et l’éducation par exemple. Je vais te donner l’exemple de l’Allemagne, un pays très “developpé” selon ses propres critères. Mais l’Allemagne a tellement des déficits en éducation que ca risque de devenir grave et encore plus grave les années suivantes. Et on pourrais citer d’autres pays également très “developpés” qui ont des problèmes graves dans d’autres domaines (santé p.e). Est- il vraiment favorable de courir derrière ces faux modèles de developpement ? Et à quel prix ?

    Tu dis :”Les Etats africains pour la plupart dépendent de l’aide au développement donnée par les pays occidentaux dans leur très grande générosité ce qui les rend dépendants comme les enfants.” Cette aide, comme nous tous le savons, aide surtout à developper la richesse des pays qui se voient developpés. Cette aide sert à gagner du money. Mais ce ne sont pas les Etats africains qui gagnent ce money, mais les autres occidentaux. Donc, il sera déjà une grande aide de stopper nettement cette “aide”, comme quelques économistes africains le proclament.

    Je suis 100 % d’accord avec les trois points à reflechir que tu proposes. Concernant l’agriculture il me semble extrèment important de reflechir où on veut aller : vers une agriculture qui sert surtout à l’exportation et qui va donc surtout mettre du money dans les poches de ceux (occidentaux) qui en ont déjà, des multinationales d’agricoles par exemple et Monsanto et compagnie. Ou plutôt à une agriculture qui sert à nourrir les peuples. Et là, il se pose la question de la colonisation agricole galoppante. Les Chinois achètent de plus en plus de terrain en Afrique (au Cameroun, par exeple, la terre la plus fertile, un vrai régale pour des agriculteurs) qu’ils exploitent à leur gré. Les ouvriers agricoles sont mal payé mais sont extrèment exhibés aux pestisticides et autres produits chimiques dangéreux pour la santé. Et les récoltes sont exportés à 100% vers la Chine. As-t-on besoin de gagner du money en vendant la terre la plus fertile pour se faire empoisonner ? Question rhétorique, je pense nous partageons la même oppinion.

    Tu dis : “Réfléchir, réfléchir et encore réfléchir pour trouver les solutions à nos problèmes. Il ne s’agit pas de copier des solutions venues d’ailleurs, dictées par les ONG ou les institutions internationales.” Right said ! J’aimerais bien citer Kum’a Ndume III qui disait qu’aucun Pays serait capable à developper un autre Pays. Le developpement doit impérativement venir par l’intérieur
    de l’Etat. Donc, c’est très important d’établir les critères africains du “developpement”. Et, à mon humble avis, il ne peut pas être la question que quelques gens gagnent de plus en plus de money sans que le reste de la population est vraiment heureux, bien éduqué et en bonne santé. Kwame Nkrumah l’avait déjà dit : on doit résoudre les problèmes africains par des solutions africaines.

    Dernière remarque : La crise des banques et tout ce qui la suit actuellement dans les pays occidentaux ô si bien “developpés”, nous démontre pas uniquement la fragilité de ces systèmes économiques, mais également la problématique de cette doctrine de developpement, de la richesse et du bonheur de l’individu.

    Bisou
    La lionne

  10. Etum says:

    @La Lionne,
    Ton commentaire pourrait etre un post entier. merci pour ta contribtion. Merci de me suivre sur les criteres africains. Tu apportes une partie de réponse @Philcoub.

    Tiens @Philcoub quel est le taux d’alphabétisation de l’Inde? de la Chine? tu comptes quoi? le nombre de chinois qui palent anglais ou mandarin? Que dirais tu des foumbanais qui écrivent lisent et parlent la langue crée par le Feu Sultan Njoya? c’est quelque chose que je ne cautionne pas, ce n’est pas parce que l’on ne parle pas francais ou anglais que l’on ne comprends rien à la vie, ce critere doit etre selon moi mis de coté?

    L’espérance de vie, c’est relatif, il y’a trop de vieux en Occident, trop de jeune en Afrique et alors? pas pertinent. Si peut etre dans le modele libéral basé sur la consommation.

    la régularité des épidémies et pandémies? et la grippe A c’est de notre faute peut etre? Nous sommes peut etre plus exposé mais bon.

    – l’exposition aux sécheresses, famines et autres pénuries alimentaires, les autres polluent et nous en souffrons et tu veux que l’on nous applique ce critere?

    – le pouvoir d’achat des populations, celui qui gagne 750€ en afrique vit mieux que moi qui suis en occident.
    Je pense que ces criteres n’arrangent que certaines personnes.

  11. Etum says:

    @oniN,
    J’ai déjà parlé de l’initiative sur Twitter. Tu te rappelle de l’université d’été?

  12. oniN says:

    @Etum

    Non, je ne m’en souviens pas. Tu veux imiter le PS?

  13. Etum says:

    @oniN,
    Non, Man je ne veux imiter personne, je veux juste organiser une rencontre entre des personnes d’origine divers pour refléchir.

  14. Neo says:

    @ Etum,
    Je rame peut-être à contre-courant mais je plussoie les écrits de Philcoub. La fierté, c’est bien! mais comme on dit chez nous, c’est pas ça qu’on mange! En parlant de valoriser nos cultures, parler la langue de Foumban, c’est bien! mais parler anglais (ou chinois), c’est plus UTILE. Alors, à choisir, je préfère nettement apprendre le chinois à mon fils plutôt que ma langue maternelle. ce qui ne signifie en aucun cas que je refuserais de lui apprendre ma langue si l’opportunité se présente. je crois que nous vivons toujours à ère de la globalisation des échanges, et qu’une langue n’a d’intérêt que si elle est parlé/comprise par un plus grand nombre de personne.
    – Quel est le pourcentage d’universitaire indiens qui maitrisent l’anglais? 100%. Et les dialectes locaux? à peine la moitié…
    – Saviez que la la province chinoise de Dalian (considérée comme leur sillicon valley) est totalement bilingue mandarin/japonais? Et ne parlons même pas de l’anglais!
    – Autre information : en 1950 la Thaïlande et la Corée du Sud avaient des PNB par habitant inférieurs au Ghana et à la Côte d’Ivoire. Les sud-coréens n’ont jamais été aidés et en cinquante ans ils ont intégrés le TOP 15 des habitants les plus riches de la planète et les femmes sud-coréennes sont parmi les trois plus dépensières au monde de produits de soins…
    Tout ceci n’est qu’un infime pan d’une réalité plus surprenante encore!
    Bref, quand on a 900 millions d’africains à nourrir, il faut être pragmatique, il faut trouver comment créer la richesse en termes réels, l’idéologie (ou les valeurs traditionnelles…appelez ça comme vous voulez) ne compte plus. Et puis il y a un dernier point qui me paraît important sur le plan de la politique internationale, c’est le positionnement de la Chine par exemple qui entend jouer un très grand rôle dans le concert des nations. Et les Chinois sont conscients que contrairement aux Russes, il ne suffit pas d’avoir la bombe atomique ou des équipements militaires sophistiqués pour faire peur, mais c’est la capacité économique à créer de la richesse, construire des firmes compétitives, être un exportateur, etc.…

  15. Etum says:

    @Neo,
    Ca fait longtemps. Je pars là mais j’aimerais dire que ce que je n’accepte pas c’est la défaite devant l’imposition des criteres. Apprends le chinois à ton fils et oublie l’afrique c’est un peu rude mais c’est la vérité si nous continuons à ce rythme nous allons vers une recolonisation ou alors une disarition et meme la réduction à l’esclavage déja nous vendons toutes nos terres parce que nous sommes incapables des les exploiter car nos ingénieurs agronomes ne savent pas lire les signes du ciel et reconnaitre un changement de saison. bon je reviens apres.
    A ton propos je constate que la défaite est vraiment idéologique.

  16. philcoub says:

    @Etum : je constate que tu opères une fuite en avant au lieu de reconnaître la pertinence de certains arguments.

    – Quand je parle de taux d’alphabétisation, ai-je parlé de l’anglais, du français, du chinois? Si un enfant est scolarisé en swahili, qu’il sait lire et écrire dans cette langue, que celle-ci lui permette de se cultiver, de faire de bonnes études, des calculs, de comprendre la politique et l’économie de son pays, évidemment que j’approuve. Peu importe la langue. Mais sérieusement, combien de pays africains ont un taux d’alphabétisation de 50%? Réponds-moi et tu verras.

    – L’espérance de vie : un scientifique de haut niveau finit ses études autour de 30 ans, a besoin d’une vingtaine d’année en plus pour approfondir un concept, écrire une dizaine de livres et former des disciples pour poursuivre ses travaux. Tu crois qu’avec des espérances de vie de 40 ans, on peut faire tout ça? Les plus grandes fortunes se bâtissent en combien d’années? Tu as déjà estimé combien d’individus de valeur l’Afrique a perdu dans la fleur de l’âge? Et personnellement aimerais-tu vivre dans un environnement où toi et la plupart de tes connaissances risquez de mourir à moins de 50 ans? ce n’est pas rien.

    – Sécheresse et famine : tu sembles les minimiser mais ça fait quoi de savoir que dans certains pays dès le mois de mars, les paysans commencent à rationner leurs nourritures, les enfants mangent une fois par jour, et beaucoup sont obligés de mendier.

    – Epidémies : comment oses-tu comparer grippe A (qui après tout n’est qu’une simple grippe) à SIDA, palu, choléra, typhoïde ou méningite? Ca ça s’appelle de la démagogie.

    – Pour le pouvoir d’achat, c’est même pas la peine : tu évalues à quel pourcentage, la population capable de gagner 750 euros par mois? Attends, mais tu rigoles ou quoi? Faut te reconnecter mon pote! Le jour où même 30% de la population aura ce revenu moi je classe direct l’Afrique parmi les pays riches!

    Je suis d’accord avec toi que l’aspect idéologique est important, mais après, il y a les faits qui démontrent tous les jours la pauvreté.

    Pourquoi les coréens qui valorisent leur culture, étudient dans leur langue, et sont restés authentiques sont classés comme riches? Eh bien, les faits économiques le démontrent. La qualité de vie aussi. Le reste c’est du bla bla.

    Pour moi Chine et Inde seront toujours sous-développés tant qu’ils auront des centaines de millions de pauvres, voilà tout!

    J’aimerais que tu prennes le temps de me répondre sur les arguments, les faits, au lieu parler de parler idéologie. Idéologiquement, je t’approuve bien sûr, mais n’en fait pas un argument pour masquer le sous-développement.

  17. jikeb says:

    Je pense qu’il faut allier Idéologie ET pragmatisme, pour pouvoir lancer les pays africains sur la route d’un vrai développement “endogène”, comme le disait le professeur Joseph Kizerbo.
    A vous lire, j’ai l’impression qu’il y’a comme une incapacité chronique à penser les deux concepts en même temps, à construire une vision cohérente qui tient à la fois compte de l’idéologique, et du pragmatique. Sérieusement de quoi on parle ? Toutes les grandes puissances actuelles et les puissances émergentes ont une action globale motivée par des intérêts économique associé à un soucis évident d’hégémonie idéologique: En clair, quand on s’apelle la Chine, on ne fait par qu’importer ces produits en Afrique, mais on n’y importe aussi le mandarin; ou quand on s’appelle la France, on créer la “francophonie” pour verrouiller durablement des intérêts économiques majeurs. Idéologie, ET pragmatsime, cela me semble évident.
    Tout ça pour dire que pour moi, vos points de vue sont comme les deux faces d’une pièce de 5 FRANC CFA. Le reste, c’est de la pur polémique, et je sais qu’il y’an a certains qui aiment bien polémiquer!^^.

  18. philcoub says:

    @jikeb,
    La polémique c’est utile quand ça suscite des réactions comme la tienne (lol!).

    A part ça les questions sont simples :
    – on nous dit que nous sommes sous-développés. A-t-on raison de le croire? Oui, au regard du niveau de vie étayé par des faits concrets et objectifs (pour les raisons sus-citées).

    – Performance économique est-elle synonymes de développement : non. Exemples : Chine et Inde.

    – Y a-t-il un enjeu idéologique? Oui, assurément. Mais ne dissimulons pas la réalité : on a beau discourir, si on ne travaille pas sur certains critères du sous-développement qui sont objectifs, on sera toujours mal barrés.

    Bonne nuit à tous.

  19. Neo says:

    Philcoub dit : “Pour moi Chine et Inde seront toujours sous-développés tant qu’ils auront des centaines de millions de pauvres, voilà tout”.
    Je ne suis pas d’accord avec ça. Quoiqu’on fasse, il y aura toujours des pauvres sur cette planète. Les centaines de milliers d’américains pauvres empêchent-ils de considérer l’Amérique comme une nation riche?
    @ Etum,
    je suis toujours là! 🙂 SI j’apprend le chinois, ce n’est en aucun cas par amour pour la chine, mais surtout par INTERET et par amour pour le BUSINESS… Tu parles de colonisation, mais la différence avec ce qui s’est passé dans les années 50 c’est que les chinois ne viennent pas nous apporter les bienfaits de leur “glorieuse” civilisation. Il n’y aura jamais de “mission civilisatrice de l’homme jaune”. Si les chinois sont Afrique, c’est pour faire du business! En tant qu’usine du monde, ils ont besoin sécuriser leurs approvisionnements en matières premières.
    @ Jikeb,
    Tu as raison sur un certain point. Mais Je pense qu’il y a une idéologie qui a gagné le monde aujourd’hui : C’est le capitalisme. On pourrait polémiquer tant qu’on voudra, mais il n’y a pas de solution miracle. Même le parti communiste chinois l’as compris!

  20. Etum says:

    Je fais faire un nouveau post pour réagir à certains commentaires.

  21. Ti Aya says:

    Et si dans le nouvel article tu peux donner une signification de “être développé” qui permette de dire qu’un pays comme le Cameroun (pris parfaitement au hasard 😉 ) est développé, je pense que ça aiderait.

  22. Ti Aya says:

    @Jikeb
    Je co-signe.
    Et j’ajouterais que c’est l’idéologie qui permet de penser le futur, et le pragmatisme permet de le construire. Pris comme ça, on voit très mal l’un sans l’autre.

  23. Etum says:

    J’aime pas ton hasard là lol

  24. benje says:

    Bonjour,
    J’ajoute ma voix aux nombreux internautes qui m’ont déjà réagi à cet article.

    Je pense que le tout quantitatif venu du nord ne laisse par la place aux valeurs culturelles.

    Une définition simple du développement est tendre vers un mieux être. Le mieux être du nord, ou de l’occident plus la Russie a-t-elle me même contenu qu’au sud? Le culturel joue un rôle important dans ce mieux êtres. Je pense pas que le paysan africain qui a sont grenier remplit, qui assure sa calebassée de bière de mil par jour, qui a des poulets et des chèvres pour honorer ses engagement social et cultuel n’est pas plus à l’aise qu’un européen ou un américain qui dort dans un château. Nous n’avons pas les mêmes étalons de mesure du développement.

    La théorie quantitative du développement est aujourd’hui en perte de vitesse. Le PIB par habitant ne peut être un indicateur de développement à mon avis. De même que le nombre de centres sanitaires modernes. Aujourd’hui, il y a beaucoup de maux qui sont soignés par la pharmacopée africaine. Nos centres de recherche ont beaucoup travailler dans ce domaine et les résultats dorment dans les tiroirs par manque de volonté politique avec la bénédiction de ceux du nord.
    Et ce n’est pas une première. Pendant la guerre froide, il a été démontré l’efficacité d’une plante dans le traitement du palu. Mais la communauté scientifique à l’époque n’a pas accordé grande importance à ces résultats parce que la Chine (auteur de cette recherche) était communiste et aussi et surtout parce que les intérêts des laboratoires étaient menacés.

    Il faut qu’on parte de notre propre culture pour avancer. Le développement perçu selon la culture occidentale ne saurait être l’étalon de mesure du développement.

  25. la lionne says:

    <<… il y a lieu de préciser la définition du développement qui demeure malgré la finalité des analyses et alternatives suggérées. Il est question d’abord d’une dynamique d’action systématique et dialectique entre "l’action de se développer" et "le fait de se développer". Ces interactions fondent l’interdépendance entre la croissance, l’accumulation, l’évolution-mutation qui ne conduit pas nécessairement à une prospérité partagée, ni à un progrès tant en terme de pérennisation que de protection de l’environnement. A la lumière de ces contraintes, le développement est redéfini comme "la capacité individuelle et collective des humains à s’organiser à des fins d’accumulation continue et diversifiée, à partir de valeurs ajoutées et de contenus pluriels issus de l’expérience, de la culture, de la technologie ou de la connaissance, pour non pas uniquement survivre, mais atteindre un bien-être évolutif reposant sur des valeurs universelles et de proximité sans que cela ne se fasse aux détriments de l’équilibre écologique et des générations futures." »
    Yves Ekoué AMAIZO dans « crise financière mondiale. Des réponses alternatives de l’Afrique »

    La lionne

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