Parce qu’il faut y croire

Lors de la préparation de la dernière édition de la 9ideas Conference une personne m’a demandé à quoi servait une conférence sur les idées et l’innovation dans le contexte africain. Il faut reconnaitre que ca n’a pas été de la convaincre de participer juste ne serait-ce que pour voir. Ce n’est pas facile au Cameroun de croire en l’avenir, quand les promesses de lendemains meilleurs se fracassent sur des réalités tragiques. Ici, des jeunes poussés au désespoir qui embarquent dans les trains d’atterrissage de la compagnie nationale avec pour seule destination la mort. Là, des inondations qui jettent des familles à la rue et dans la désolation. Là encore, des tracasseries et les lourdeurs d’une administration corrompue qui décourage les investisseurs et les entrepreneurs. On a beau insister sur les petits signes d’espoir, on est gagnés par le découragement. Quand est-ce que ça ira mieux ? Quand est-ce ce pays décollera vraiment au-delà des grands discours de circonstance. Quand est-ce la croissance tant annoncé, l’africa rising tant publié créera-t-il des emplois pour les jeunes.

Il faut donc avouer que la tentation est grande de dire basta et de faire comme tout le monde : s’occuper de ses petits oignons. Préférer l’égoïsme, le chacun pour soi. La nouvelle économie, l’utopie digitale, l’entrepreneuriat, on verra plus tard ! En attendant, après moi le déluge !
Et pourtant, il faut rester, agir. C’est notre choix moral. D’abord, parce que nous sommes dévorés par la réflexion, les idées qui précèdent toute réalisation. Comment vivrons-nous demain ? Comment résoudre le problème des transports à Douala ? Faut-il développer des produits pour l’Afrique ou pour le monde ? Comment simplifier les procédures grâce au Cloud Computing ? Autant de questions, de réflexions, d’idées… Ensuite, quand l’on voit des gens qui essaient de transporter des icebergs d’un bout à l’autre des océans pour sauver les pays du Sud, IBM qui ouvre un Research Lab au Kenya pour travailler sur les problématiques africaines, ça remet les idées en place.

La question est a-t-on le droit d’abdiquer ? En ce qui nous concerne, même criblés de doutes, nous voulons continuer à y croire. Au moins pour la beauté du geste Sourire . Et c’est pour cela que nous malgré les difficultés nous continuons à organiser la 9ideas Conférence.

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